Le crime du comte Neville – Amélie Nothomb

… ou le piètre hommage d’Amélie Nothomb à Oscar Wilde

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Je sais, je le dis tous les ans (ou presque), j’arrête le Nothomb de rentrée ! Mais voilà, on me le refile très souvent et du coup, entre deux lectures plus exigeantes, il m’arrive d’aller jeter un oeil chez l’excentrique Belge. Une lecture en général assez rapide (et de plus en plus avec les années j’ai l’impression) et cette fois particulièrement insipide.
Pitch rapido du Crime du comte Neville : Un coup de fil inattendu apprend au comte Neville que sa dernière fille a apparemment fait une fugue dans la nuit et a été retrouvée par une voyante en pleine forêt. Après avoir sermonné le comte sur le peu d’intérêt qu’il semble porter à son enfant, la voyante annonce au comte Neville qu’il va tuer quelqu’un lors de sa garden-party. Terrible nouvelle pour cette figure d’une aristocratie mourante qui tient à faire de cette fête un événement unique, marquant la fin d’un monde : il est en effet obligé de se séparer du château familial par manque de moyens pour continuer à l’entretenir. Stress et insomnie ne quittent plus le comte Neville lors des préparatifs de la fête, le tout encore accentué lorsque sa fille lui demande de la tuer, histoire de faire d’une pierre deux coups : lui ôter la vie puisqu’elle n’y trouve pas grand intérêt et régler le problème de trouver la « bonne » victime.
D’emblée, l’ouverture du roman m’a exaspérée par la fadeur de l’écriture : un dialogue auquel on ne croit pas une seconde ! Tout comme à aucun des personnages de cette famille atypique d’ailleurs. Certes on retrouve l’excentricité de Nothomb dans la galerie de personnages mais voilà c’est tout… Pas de surprise. Une histoire rocambolesque mais dans laquelle pour ma part, je n’ai pas trouvé grand intérêt.
En bonne curieuse et aussi parce que je me suis dit que j’avais peut-être raté un truc, je suis allée voir du côté d’Oscar Wilde puisque le titre du dernier Nothomb, Le crime du comte Neville, fait une référence appuyée à l’auteur irlandais et à son Crime du lord Arthur Savile. Et là, bon, le verdict est sans appel : Oscar Wilde – 1/ Amélie Nothomb – 0. Le point de départ de l’histoire est effectivement la même : lors d’une soirée, un chiromancien prédit à Lord Arthur Savile qu’il va commettre un meurtre. Sur le point de se marier, il décide que cet assassinat doit avoir lieu avant le grand jour et se met en tête de chercher la meilleure victime. Côté écriture, pas de comparaison possible, Wilde remporte haut la main le match et sa nouvelle se révèle hautement plus drôle et subtile que celle de Nothomb.
Bref, je peux tout de même dire merci à Amélie Nothomb : grâce à elle, j’ai découvert une chouette nouvelle de Wilde et replongé avec délice dans son écriture 😉

Le crime du comte Neville d’Amélie Nothomb. Ed. Albin Michel/2015

Le crime de Lord Arthur Savile d’Oscar Wilde (première parution en 1887)

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2 réflexions sur “Le crime du comte Neville – Amélie Nothomb

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