L’amie prodigieuse – Elena Ferrante

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Lorsque Qu’Elena reçoit un appel de Rino qui lui apprend que sa mère, Lila, a disparu sans laisser aucune trace (plus de vêtements, de photos ni le moindre papier), elle ne s’en étonne pas. Lila ne lui avait-elle pas dit vouloir un jour « se volatiliser, disperser chacune de ses cellules, et qu’on ne retrouve plus rien d’elle » ? Alors Elena décide, elle, de garder une trace de son amie, de leur histoire commune, commencée il y a 60 ans, alors qu’elles n’étaient que des fillettes d’un quartier pauvre de Naples.
Elena se fait alors narratrice de cette amitié parfois heureuse, parfois difficile faite de partages, de bonheurs, de déceptions, de jalousie, de fascination et d’admiration réciproques. Elena et Lila, pourtant mal assorties, se rencontrent toutes petites filles (au primaire) et s’attachent l’une à l’autre au fil de ses années passées sous le soleil napolitain. Dans ce quartier pauvre où l’on crie, jette la vaisselle par la fenêtre, où l’on règle ses comptes au poing, où les filles sont sous la constante surveillance des hommes, les deux gamines grandissent, empruntant des chemins différents mais toujours indéfectiblement liés. Lila, surdouée mais appelée très tôt au travail de la maison et de la cordonnerie paternelle, vit à travers Elena sa soif d’apprendre. Cette dernière, plus chanceuse et soutenue par son institutrice s’éloigne doucement de son quartier et de sa vie prédestinée sur les bancs du collège puis du lycée. Brillante, Elena vit cependant toujours avec un manque, celui de Lila, comme incomplète.

J’avais peur qu’il ne lui arrive quelque chose, en bien ou en mal, sans que je sois là. C’était une vieille crainte qui ne m’est jamais passée : la peur qu’en ratant des fragments de sa vie, la mienne ne perde en intensité et en importance.

Les deux amies tantôt s’éloignent, tantôt se rapprochent tandis que tout leur monde autour change, inexorablement dans cette Naples des années 60 qui se modernise et où la mafia se développe. Car à travers cette histoire d’amitié intransigeante, exigeante, aussi heureuse que blessante, c’est aussi l’histoire d’une société toute entière et l’âme de ceux qui la composent que narre Elena Ferrante. Un roman puissant au souffle chaud comme le soleil d’Italie.

L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante (traduit de l’italien par Elsa Damien). Editions Folio/ janv. 2016

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