Mai lectures

bilan-mai2016

Beaucoup de lectures en ce mois de mai et donc un long billet-bilan… Bon courage ! 😉

La poursuite de la découverte des quatre romans sélectionnés pour le Prix Relay 2016, envoyés par Babelio : Envoyée spéciale de Jean Echenoz (Minuit) dont j’ai parlé ici, La route étroite vers le nord lointain de Richard Flanagan (Actes Sud) et Quoi qu’il arrive de Laura Barnett (Les escales). Les deux chroniques arrivent bientôt !

Un petit tour du côté du rayon jeunesse de la médiathèque et de jolies pioches ! Des romans pour ados : Tout foutre en l’air d’Antoine Dole (Actes Sud junior) qui se lit d’un seul souffle/ La coloc de Jean-Philippe Blondel (Actes Sud Junior) pour le plaisir de retrouver Blondel et son grand talent à décrypter l’adolescence et ses questionnements/ Blood Family (L’école des loisirs) : un bon gros pavé prenant et plein d’émotions par la grande Anne Fine. On y parle de désamour, d’adoption, de seconde chance, de quête identitaire, de construction et d’amour familial aussi / Repéré chez Laure, Noukette & Jérôme : Aussi loin que possible d’Eric Pessan (L’école des loisirs) – un grand vent de liberté qui m’a emportée ! J’ai découvert également un texte rempli d’humour et d’amour autour de la relation d’une ado et de sa mère alors que le cancer débarque dans leurs vies : Ma mère, le crabe et moi d’Anne Percin (Rouergue).
Pour les plus jeunes : le très joli Max et les poissons de Sophie Adriansen (Nathan) qui raconte à hauteur d’enfant un noir épisode de l’Histoire fait d’étoiles jaunes, de rafles, de camps, de familles disloquées et de vies à réapprendre autrement (un roman à partir de 9 ans que j’avais noté chez Antigone) / Moi à travers les murs (Rouergue), un album signé Anne Agopian & Audrey Calleja dont je vous ai parlé ici.

En mai, j’ai résolument eu la tête dans les bulles avec :
Histoires de famille, 8 nouvelles dessinées du suédois Pelle Forshed (L’Agrume) : à travers ces tranches de vie, l’auteur évoque son métier d’auxiliaire de vie, les personnes âgées qu’il vient chaque jour visiter, leurs familles (ou l’absence de famille), la cadence parfois effrénée des visites qui laisse finalement peu de temps pour autre chose que les gestes techniques et répétitifs, la lassitude aussi. Le tout donne un éclairage intéressant sur ce métier et ses difficultés.
Un bel album pour évoquer la maladie d’Alzheimer : Ceux qui me restent de Damien Marie & Laurent Bonneau (Grand Angle). Florent se retrouve veuf alors qu’il est encore jeune et élève seul sa fille Lilie. Mais ils se perdent de vue pendant 20 ans, Lilie tenant son père à distance. A 70 ans et la mémoire en lambeaux, Florent cherche à retrouver sa fille qui est à nouveau près de lui mais qu’il ne reconnaît plus. Une BD poignante.
Léa ne se souvient pas comment fonctionne l’aspirateur de Gwangio & Corbeyran (Dargaud) : un très beau dessin au crayon et un titre intrigant m’ont fait pioché ce roman graphique à la médiathèque. Un écrivain en mal d’inspiration trouve dans les poubelles de son immeuble le journal de Léa, une voisine qu’il ne connaissait que de vue et qui vient de déménager. La jeune femme est atteinte d’un étrange syndrome : elle ne parvient plus à se rappeler comment fonctionne le moindre appareil ménager. Voilà pour notre auteur le début d’un roman, il noircit les pages, publie et rencontre le succès. Léa devient une véritable obsession et l’écrivain se met en tête de retrouver l’héroïne de son roman. Mais à trop vouloir mêler fiction et réalité, il a oublié que Léa n’est pas un personnage de papier et que son journal révélait en creux bien plus qu’un syndrome étrange. Si la fin de l’album m’a moyennant satisfaite, l’ensemble est une belle BD au niveau graphique et au scénario original.
Dès que j’ai découvert que Camille Jourdy avait sorti un nouveau roman graphique (et que comment ça, j’ai mis 3 mois à m’en apercevoir !??!), hop aussitôt commandé dans ma nouvelle petite librairie aimée et dévoré ! Coup de foudre pour Juliette (Actes Sud BD) ici !
Deux albums de Ludovic Debeurme : Trois fils et Un père vertueux (Cornélius) évoqués .
Les variations d’Orsay de Manuele Fior (Futuropolis – éditions du Musée d’Orsay) : un voyage dans l’art au XIXème siècle et du Musée d’Orsay que j’ai surtout aimé pour les très beaux dessins de Fior, véritables tableaux hommages aux maîtres de l’impressionnisme.
Repéré chez Mo’ (ma principale dealeuse en matière de tentations graphiques), le roman graphique La Favorite de Matthias Lehmann (Actes Sud BD) m’a totalement conquise. La jeune Constance vit quasi-recluse dans le manoir de ses grands-parents, entre une grand-mère irascible et à la main leste et un grand-père alcoolique qui préfère fermer les yeux pour éviter d’avoir à affronter sa femme. Une enfance pleine de violence, de secrets, de non-dits bâtie sur un immense mensonge. Sombre et fort !
Heartless de Nina Bunjevac (Ici Même) : c’est surtout Fatherland que je veux lire de cette auteure (dans ma PAL) mais l’occasion faisant le larron, j’ai également emprunté cet album de l’auteur à la médiathèque. Il s’agit de sa première publication – des nouvelles sombres au noir profond et au trait puissant (mais très différent de celui de Fatherland) autour de divers sujets : une adaptation de nouvelle, une histoire d’amoureuse mythomane (qui court sur plusieurs nouvelles) ou encore l’évocation de son pays d’origine, peut-être les prémisses de Fatherland ? Je suis un peu mitigée sur cet album, certaines histoires m’ont intéressée et je suis restée totalement étrangère à d’autres. Peut-être la lecture de Fatherland me donnera un nouvel éclairage sur Heartless. A suivre donc !
Petite pioche au hasard et jolie surprise avec Shelley – Après l’autruche, tournez à droite de Johann G. Louis (éditions du Pélimantin) : William, un journaliste qui écrit un article sur les actrices déchues, se retrouve dans un bled paumé, en plein désert américain, à la recherche de Shelley, ex-star hollywoodienne. Les personnages sont tous plus étranges les uns que les autres et semblent vouloir mettre des bâtons dans les roues de William qui finit tout de même par retrouver Shelley. Elle-même n’est pas en reste côté bizarreries en tout genre : n’aurait-elle pas perdu la tête ? Un album à l’ambiance proche de « Twin Peaks » ou « Le Village » de Night Shyamalan, étonnant et fort sympathique et au dénouement… déroutant. La découverte aussi des éditions du Pélimantin, petite maison qui « encourage les jeunes auteurs à donner corps à leurs propres fantaisies, sans contrainte de forme ou de genre » et privilégie « l’hybridation et l’originalité, qu’il s’agisse d’œuvres jeunesse ou pour adultes. » Créée en 2013, elle compte trois ouvrages à son catalogue mais quid de savoir si elle est encore active…
Julio (Atrabile) : à travers la (longue) vie de Julio de 1900 à 2000, Gilbert Hernandez livre la saga d’une famille mexicaine aux Etats-Unis et mêle petite et grande histoire. J’ai eu un peu de mal au départ avec les grands bonds dans le temps, les nombreux personnages (qui changeant d’aspect au fur à mesure, le temps faisant logiquement son ouvrage) pas faciles à reconnaître et le récit un peu rapide. Mais une fois installée plus confortablement dans l’album, j’ai finalement apprécié la capacité de Gilbert Hernandez à évoquer, subtilement, en 100 pages, les événements marquants d’un siècle entier.
Pour cet album-ci, Le tirailleur de Piero Macola & Alain Bujak (Futuropolis), c’est la démarche de l’auteur qui m’a attirée. Alain Bujak rencontre Abdesslem, un ancien tirailleur marocain, lors d’un reportage photo sur la vie quotidienne d’une résidence sociale à Dreux. Le reportage terminé, il a voulu revoir le vieil homme, entendre son histoire et finalement la raconter pour qu' »elle ne tombe pas dans l’oubli ». L’histoire d’Abdesslem est celle de beaucoup de tirailleurs venus d’Afrique : ils ont servi la France des années durant mais l’ingrate les a ensuite un peu oubliés. Adolescent, Abdesslem se retrouve enrôlé malgré lui dans l’armée française. Il y restera plusieurs années, se battant pour la France pendant la seconde guerre mondiale, puis en Indochine. Autant d’années passées loin de sa famille et son village. Un très bel album témoignage, auquel les dessins et le découpage de Piero Macola donnent une force supplémentaire, nous embarquant véritablement sur le front avec Abdesslem.

Quand je n’étais pas plongée dans les bulles, j’ai lu aussi un court roman de Marie Nimier, La plage (Gallimard/ 2016) : l’histoire de « l’inconnue » venue sur un bout de plage s’isoler du monde. Mais la plage déserte et sa grotte sont occupées par un homme et sa fille un peu étrange. Malgré tout « l’inconnue » décide de rester et ces quelques jours hors du monde, au plus près des éléments et de ces deux êtres, seront comme une parenthèse (presque) enchantée. Il y a eu aussi Amours de Léonor Récondo (Sabine Wespieser) au délicieux parfum désuet : un amour doublement interdit entre une jeune femme et sa bonne à l’aube du XXè siècle. La découverte d’une très belle plume mais pas un coup de cœur pour moi. Et enfin Landfall d’Ellen Urbani (Gallmeister) : ah Landfall ! Pour celui-ci encore un peu de patience, je vous en parle plus longuement dès que j’ai le temps.

Bon bon bon, je constate que je ne peux pas terminer ce (long) bilan sans remercier les blogueuses et blogueurs pour leurs conseils, tentations, idées de lectures et la lecture publique car la médiathèque de Toulouse est mon plus grand fournisseur de BD & de romans jeunesse.

Et j’ouvre le mois de juin avec La jeune épouse de Baricco (Gallimard).

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4 réflexions sur “Mai lectures

    1. oui ! c’est en rédigeant le bilan que je me rends compte combien ce mois de mai a été riche. Et la motivation pour revenir plus régulièrement sur la blogosphère grandit elle aussi 😉 Merci Anne de ta fidélité, même après mes très longs mois de silence. De voir par ici les petits mots des anciennes qui me suivaient à l’époque, ça fait chaud au coeur et ça booste.

  1. Ça atténue légèrement mon envie de lire « Heartless » mais qu’à cela ne tienne, je ne raterai pas l’occasion de le lire.
    Sinon j’ai raté la sortie du dernier de Camille Jourdy… ^^

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