Le monde entier – François Bugeon

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Quelle jolie découverte que ce Monde entier, premier roman de François Bugeon que j’ai découvert grâce aux 68 premières fois de Charlotte ! Un de ces petits livres tout simples au personnage si attachant qu’on aurait envie de le faire découvrir tout autour de nous. Il s’appelle Chevalier, c’est tout, parce que c’est ainsi que tout le monde dit depuis toujours. Il n’y a guère que sa mère qui utilise son prénom, mais sa mère… Chevalier le solitaire qui chevauche sa vieille mobylette dès qu’il fait beau et qui un soir se mue en héros pour tout le village en extrayant d’une voiture accidentée trois personnes, au bord d’une route.
Cet accident marquera le début du reste de sa vie. Lui le solitaire, célibataire endurci, accueille chez lui la jeune fille qu’il a sauvée et qui s’est enfuie pendant qu’il perdait lui-même connaissance, blessé pendant le sauvetage et épuisé de douleur. Dans les quelques jours qui suivent, c’est tout son monde bien réglé qui bascule, révélant les non-dits, les secrets bien gardés, les blessures de ceux qui entourent Chevalier. C’est un monde de taiseux qui gravite autour de notre héros, lui-même est peu disert. et dans le village, chacun s’occupe de ses affaires sans trop regarder chez le voisin. Il a bien quelques amis : Flavio avec qui il partage le goût du jardinage. Ils se connaissent depuis toujours mais peuvent travailler l’un à côté de l’autre deux heures en échangeant à peine plus de trois mots. Gervais, son compagnon de pêche, à la réputation d’alcoolique et de tombeur. A la pêche, on ne parle pas. Cela ne veut pas dire qu’on ne partage rien : une présence, un plaisir commun, une amitié qui se passent de mots. Il y a bien aussi Sidonie, qui tient le bar du village. Et Claudie, l’infirmière, dont Chevalier a longtemps été secrètement amoureux. Et puis la mère de Chevalier, vieille femme, qui ne sait pas trop comment l’aimer et n’a même jamais voulu mettre les pieds dans la maison de son fils. Solitaire mais pas seul. Et prêt à beaucoup pour ceux qui l’entourent, même s’il n’avait pas vu Gervais changer, même s’il ne s’est jamais vraiment intéressé à sa voisine, même s’il remarque pas les regards de Sidonie.

Chevalier se remémorait l’histoire de Ségur en marchant dans la nuit et grognait parfois des mots sans suite. Il se trouvait stupide de n’avoir rien compris, d’avoir passé ces années à côté de son pote sans deviner qu’il vivait une histoire pareille.

Connaît-on vraiment les gens au-delà de ce qu’ils veulent bien nous montrer ? Chevalier ne s’était jamais posé la question mais quand soudain tout vacille autour de lui, notre homme aux habitudes bien ancrées se dit qu’après tout, il faut « bien bouger de temps en temps dans sa vie »…

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Le monde entier de François Bugeon. Editions du Rouergue/ mars 2016

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