Avril dans les bulles

Le mois d’avril aura été riche côté lectures, notamment en romans graphiques et autres BD. Avant tout, il me faut remercier chaleureusement le réseau de lecture publique toulousain dont la médiathèque José Cabanis qui approvisionnent si bien et si régulièrement leurs rayons de nouveautés. 😉

  • Hans Fallada – Vie et mort du buveur de Jakob Hinrichs (traduit de l’allemand par Laurence Courtois)/ Denoël Graphics (2015) : Jakob Hinrichs mêle le roman Vie et mort du buveur d’Hans Fallada à la propre biographie chaotique de son auteur dans un roman graphique hommage au grand écrivain allemand.
  • La vengeance est un plat qui se mange froid et même très froid dans Le linge sale de Rabaté & Gnaedig/ Vents d’Ouest (2014) : une histoire qui ne m’a pas emballée plus que ça.
  • Une délicate évocation de l’adolescence servie par un graphisme superbe : Jane, le renard et moi d’Isabelle Arsenault et Fanny Britt/ La Pastèque (2013). Un de mes coups de cœur du mois !
  • Quatre mains pour évoquer l’enfance de ces deux gamines qui ont grandi non loin l’une de l’autre avec pour point commun, la peur. Celle qu’on instille en pensant protéger, celle qui tait aussi son nom, qui surgit au détour d’une information au journal télévisé et plane, omniprésente : Pendant que le loup n’y est pas de Valentine Gallardo & Mathilde Van Chelluyre/ Atrabile (2016).
  • Une autre jolie découverte chez Atrabile : J’ai tué Geronimo de Cédric Manche & Loo Hui Phang (2007), un roman graphique entre mensonges et faux-semblants… Troublant.
  • Lou Lubie que je connais depuis ses toutes premières publications réunionnaises (et même depuis bien plus longtemps encore…) livre avec cet album un témoignage (et un ouvrage didactique) sur la pathologie dont elle souffre (et qui a mis bien longtemps à être diagnostiquée) et qu’elle a peu à peu appris à apprivoiser : la cyclothymie. Goupil ou face de Lou Lubie/ Vraoum éditions (2016).
  • Grâce à un partenariat Babelio, j’ai pu découvrir le premier roman baigné par le soleil sicilien de Catherine Banner, La maison au bord de la nuit dont je vous ai déjà parlé ici.
  • Je ne pouvais pas ne pas emprunter ce nouveau titre de Thierry Murat ! J’ai découvert son travail graphique avec Les larmes de l’assassin (adapté du roman d’Anne-Laure Bondoux) puis Au vent mauvais (sur un scénario de Rascal), tous deux également édités chez Futuropolis (ah cette maison, je l’aime vraiment d’amour !). Cette fois, Murat signe également le scénario de ce très bel album où l’on suit les interrogations d’un homme parti en expédition photographique à la rencontre des Indiens et assistant, impuissant, à leur inexorable massacre. Réflexion sur la photographie, son rôle de témoin mais aussi sur la place que l’on donne à ses véritables envies, à ses aspirations souvent en contradiction avec le rôle que la société attend de nous, Etunwan est un album puissant. Le travail graphique très cinématographique de Murat nous immerge complètement dans le récit, au plus près du narrateur. A découvrir ! Etunwan, celui qui regarde de Thierry Murat/ Futuropolis (2016). Mo en parle très bien ici.
  • Cette fois ce sont les blogueuses que je remercie, du moins, toutes celles qui, mordues de ce fameux Paul, m’ont incitée à aller découvrir les albums de Michel Rabagliati. Une première rencontre donc avec le héros québécois dont l’accent a vite envahi ma chambre. Il est affaire de quotidien, rien de bien rocambolesque ou d’extraordinaire et pourtant ça fonctionne : on s’attache à Paul et sa douce, on sourit et s’attendrit de leur émotion de jeune couple devant cette nouvelle vie à deux qui s’annonce. En quelques pages à peine, on sent bien que Paul est devenu notre nouveau copain et qu’on est prêt à le suivre partout, à la pêche, à la campagne, au parc… 😉 D’ailleurs une autre aventure m’attend déjà dans ma PAL. Paul en appartement de Michel Rabagliati/ La Pastèque (2004).
  • Un peu en avance sur la saison, j’ai plongé à pieds joints dans l’été avec la jolie mimi adorable série de Zidrou & Jordi Lafebre, Les beaux étés. C’est notamment chez mon amie Laure que j’avais repéré cette pépite. Que dire ? C’est beau, c’est doux, c’est tendre, c’est joyeux comme l’été, ça a le goût de l’insouciance des vacances même si la vie cogne parfois, faisant fi de la saison. C’est revigorant et en ce moment, on a bien besoin ! Les beaux étés – tome 1. Cap au Sud ! & tome 2. La calanque de Zidrou et Jordi Lafebre/ Dargaud (2015 & 2016). Et… sortie du tome 3 le 2 juin !
  • J’ai retrouvé avec plaisir la suite de la bio dessinée de Riad Sattouf : le jeune garçon fait ce qu’il peut, comme il peut pour s’intégrer dans sa nouvelle vie au Moyen-Orient, notamment à l’école où sévit une maîtresse tyrannique qui ne jure que par le Coran. L’arabe du futur 2 – Une jeunesse au Moyent-Orient (1984-1985) de Riad Sattouf/ Allary éditions (2015).
  • Emotion garantie avec cet album touchant de Fabien Toulmé dans lequel il livre, sans masque, le choc des premiers jours, semaines, mois qui ont suivi la naissance de sa fille trisomique. Un album qui m’a rappelé celui tout aussi poignant de Jérôme Ruillier, Le coeur-enclume (éditions Sarbacane) découvert il y a quelques années. Ce n’est pas toi que j’attendais de Fabien Toulmé/ Delcourt (2014).
  • Le temps des sauvages (adapté du roman Manuel de survie à l’usage des incapables de Thomas Guntzig) de Sébastien Goethals/ Futuropolis (2016) que j’ai pioché par hasard (la preuve il s’agit d’une dystopie, ce qui n’est, en général, pas ma tasse de thé – enfin disons que je n’y vais pas naturellement dès lors qu’il s’agit ou de fantastique ou de futur plus ou moins proche). C’est un polar bien ficelé et énergique où les hommes quand ils ne sont pas des loups ne sont de toute façon plus tout à fait humains car génétiquement modifiés pour être plus performants et où la société de consommation, grandes enseignes et marques dictent leurs lois. Bref un futur pas si lointain… qui fait froid dans le dos.
  • C’est parce que Désirée et Alain Frappier étaient récemment à Toulouse pour la sortie de leur dernier album (euh j’ai raté les rencontres hein !) que je me suis intéressée à leur travail plutôt axé sur la BD sociale et historique (L’Algérie, la lutte pour l’avortement entre autres). La vie sans mode d’emploi, lui, est un récit autobiographique, celui d’une période de la vie de Désirée Frappier, alors qu’elle arrive à Paris – elle qui rêvait d’Hollywood – au début des années 80. A travers ses envies, ses déceptions, ses galères, ses histoires de couple, sa maternité, les deux auteurs livrent une véritable histoire des années 80 : musique, mode, politique, mobilisation des étudiants, etc. Véritable référence sur cette période, La vie sans mode d’emploi frôle peut-être parfois l’exercice pédagogique mais reste un bon témoignage de ces années tout feu tout flammes.  La vie sans mode d’emploi – Putain d’années 80 de Désirée et Alain Frappier/ Editions du Mauconduit (2014).
  • A partir de l’histoire de son grand-père qui a fui l’Allemagne nazie, Fanny Michaëlis livre un récit noir sur la guerre et la folie des hommes. Très peu de texte dans cet album étonnant par la force d’évocation des dessins. Le lait noir de Fanny Michaëlis/ Cornelius (2016).
  • Otto, l’homme réécrit de Marc-Antoine Mathieu/ Delcourt (2016) : Déception avec cet album que j’avais repéré depuis un moment en librairie. Je l’ai trouvé bavard et suis passée totalement à côté…
  • Découvert grâce aux chroniques enthousiastes et émues d’Antigone, Noukette et Jérôme, ce petit livre-là a aussi fait boum boum dans mon cœur. Montauban, une terrasse de café ensoleillée, j’ouvre A ma source gardée. Je le dévore d’une traite car comment abandonner Jeanne, cette toute jeune fille qui livre un grand cri d’amour – elle qui a déjà été « abandonnée » par Lucas ? Lui, c’est le garçon de l’été et puis des autres vacances, celui qu’elle retrouve pour faire l’amour et se sentir aimée. Celui qu’elle aime d’un amour sans retour. Un joli roman sensible et poignant. A ma source gardée de Madeline Roth/ Thierry Magnier (2015).
  • L’amour ferme les yeux (traduit de l’allemand par Volker Zimmermann) de Line Hoven/ L’agrume (2013) : voici encore un album repéré il y a un moment en librairie – j’en avais tout de suite aimé le titre et les illustrations à la carte à gratter. Line Hoven livre l’histoire de sa famille qui croise la grande Histoire : un de ses arrière grands-pères est allemand, élevé dans les Jeunesses Hitlériennes, l’autre est américain et a tout fait pour se faire enrôler, en vain, pendant la seconde Guerre Mondiale. Le fils de l’un fera la connaissance et épousera la fille de l’autre qui deviendront les parents de la narratrice. A travers quelques épisodes de vie et des reproductions de photos de famille, Line Hoven reconstitue, par petites touches et beaucoup d’ellipses, l’histoire originale de sa famille. Mais il manque quelque chose à cet album, un supplément d’âme, un peu de profondeur et de sentiment sans doute pour en faire un beau livre. Dommage !
  • Oh là là là là, comment vous parler du Groupe, le dernier opus jeunesse de Jean-Philippe Blondel ? Je pourrais vous dire qu’à travers ce récit d’un atelier d’écriture qui réunit quelques jeunes de terminale et deux professeurs pendant cinq mois, Blondel évoque subtilement le pouvoir de l’écriture. Chacun se dévoile plus qu’il n’aurait voulu, se révélant parfois à lui-même. Et Blondel, lui, nous même gentiment et fort agréablement par le bout du nez entre fiction et réalité. C’est fort, beau, émouvant, intrigant, troublant, ça habite longtemps. Ça vous va là ? A lire le très joli et juste billet de Laure : ici (et encore merci à elle de m’avoir fait un jour découvrir les livres de Jean-Philippe Blondel). Le groupe de Jean-Philippe Blondel/ Actes Sud Junior (2017).
  • Les parapluies d’Erik Satie de Stéphanie Kalfon/ Editions Joëlle Losfeld (2017) : repéré dans la sélection de la nouvelle session des 68 premières fois, il s’agit d’un premier roman paru à la dernière rentrée littéraire d’hiver. Biographie romancée et hommage à Erik Satie, le roman a des allures de partition musicale dans son rythme si particulier. Mais si la magie a opéré au départ, le soufflé est un peu retombé en cours de lecture : une impression de tourner en rond parfois comme si l’auteur s’était peut-être un peu perdue en focalisant trop sur le style.
  • Alors qu’elle s’apprête à recevoir ses parents, une femme se livre à l’employée venue cuisiner. Elle est étrangère, ne comprend pas le français mais elle est là et c’est finalement ce qui compte. Là pour entendre l’évocation d’une vie et des blessures enfouies. Je suis restée un peu à distance de cette femme que je n’ai pas vraiment réussi à cerner, même si la fin du texte éclaire un peu le reste. Une légère blessure de Laurent Mauvignier/ Les éditions de Minuit (2016).
  • La forêt des renards pendus (d’après le roman d’Arto Paasilinna) de Nicolas Dumontheuil/ Futuropolis (2016) : entre Paasilinna et moi, y a un truc, c’est sûr alors une BD qui adapte le roman par lequel j’ai découvert cet auteur, je ne pouvais pas passer à côté. Et grand bien m’en a pris puisque j’ai retrouvé avec plaisir les personnages loufoques, l’histoire rocambolesque et cet humour si particulier à Paasilinna. Une adaptation très réussie !

Ouf ! c’est fini ! Et dire que je m’étais dit : « allez, toi qui as tant de mal à te remettre à chroniquer tes lectures, tente au moins un bilan en une ou deux phrases… »

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Publicités

6 réflexions sur “Avril dans les bulles

    1. N’est-ce pas ?! 😉 je ne bossais pas en avril donc il m’était facile de m’octroyer au moins une heure de lecture au réveil (énorme luxe !). Je reprends le taf le 12 avec réveil à 5h du mat, les bilans de mai et juin risquent d’être nettement moins riches…

  1. M’aurait étonné que tu ne craques pas sur « Jane, le renard et moi » ! 😀
    Pour l’album de Gallardo et Van Chelluyre, il m’a vraiment marquée. J’en garde un souvenir très fort ! Et puis ravie de te compter parmi les amateurs de « Paul » (toi, ça a fonctionné dès le premier coup… ce qui ne fut pas mon cas. J’avais commencé avec « Paul en appartement », m’attendais à une claque… et en suis sortie dubitative. Heureusement, j’ai récidivé). Pour les « Beaux étés », ouaip, j’attends le 2 juin aussi :mrgreen :
    J’ai raté la venue d’Alain et Désirée Frappier aussi 😦 Mais j’accroche beaucoup avec leurs travaux. Pas lu celui que tu présentes, pas lu « Dans l’ombre de Chaconne »… il faut que je les découvre !
    Je note : « J’ai tué Géronimo » (pas fait le pas pour le moment mais je l’avais repéré… forcément… Loo-hui Phang…) et « La foret des renards pendus »
    Purée Véro… tu dévores !!!!!

    1. Je crois bien que j’avais approché Paul il y a quelques années sans plus d’intérêt mais cette fois, oui, cela a fonctionné.
      Beaucoup envie de découvrir aussi « Dans l’ombre de Charonne » et l’album sur l’histoire du combat pour l’avortement également du couple Frappier.
      J’ai dévoré oui et avec grand appétit : un réveil matinal et le plaisir de bouquiner 1h à 1h30 chaque matin ! Un des avantages de ne pas bosser. Mais après-demain, c’est retour des levers (trop) matinaux vers 5h/ 5h30 du matin (ahem !) donc cela risque de nettement diminuer le flot de mes lectures (et je ne parle même pas de la préparation des oraux du concours…). J’étudie actuellement l’option train pour le boulot, histoire aussi de me garder 1h de lecture (et avant le boulot et la gestion des gamins, c’est idéal !)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s