Sale gosse – Mathieu Palain

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Wilfried a 15 ans, il est féru de football et a intégré un centre de formation qui lui permet d’approcher son rêve. Mais en un geste, il vient de ruiner ses chances d’être de passer un jour pro. Un coup sur un autre joueur et le voilà exclu, définitivement. Retour à la case cité, à la scolarité ordinaire. D’où venait cette rage soudain que Wilfried n’a pas su retenir ? Peut-être qu’elle couvait depuis longtemps au fond du cœur de ce garçon grandi en famille d’accueil, de cet enfant qui a vu sa mère s’éloigner et disparaître. Pris en charge par la Protection Judiciaire de la Jeunesse, Wilfried noue une relation particulière avec Nina, son éducatrice, la seule qu’il laisse parfois franchir le mur qu’il a érigé autour de lui.

A travers l’histoire de Wilfried, de son placement par la PJJ, à sa (re)prise en charge par cette même institution quelques années plus tard, Mathieu Palain invite à côtoyer les hommes et les femmes qui composent cette institution, ceux qui se battent, échouent parfois, tentent souvent encore et encore à sauver, épauler, aider à grandir enfants et adolescents abîmés par la vie. Un premier roman hyper-réaliste et empreint d’une belle humanité.

Sale gosse de Mathieu Palain. Editions L’Iconoclaste/ août 2019

 

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La grande escapade – Jean-Philippe Blondel

Professeur d’anglais, Jean-Philippe Blondel connaît bien les adolescents et l’a prouvé plus d’une fois, notamment dans ses romans publiés chez Actes Sud Junior. Il s’aventure cette fois sur le territoire de l’enfance en choisissant pour décor de son dernier roman un groupe scolaire (écoles maternelle et primaire) de province. Il y a les écoles, ses élèves, ses instituteurs et directeurs mais aussi ses logements de fonction qui abritent les vies privées une fois les classes refermées. Mais la notion de vie privée est toujours relative dans ce genre d’habitat où vos voisins sont vos collègues, où les rumeurs vont bon train à la faveur de commérages bien entretenus. Et au groupe scolaire Denis-Diderot, la voisine voyeuse amatrice de ragots, c’est Geneviève Coudrier. Quand elle n’enseigne pas à ses chères têtes blondes, elle scrute ses voisins et consigne par le menu leurs faits et gestes. Ceux de Michèle Goubert par exemple, la belle directrice de l’école maternelle, qui sait subtilement user de sa séduction, les cris d’André le mari pas commode, et puis la pauvre, son fils Philippe est « un peu spécial » tout de même.

Gaucher mais surtout gauche, Philippe désespère un peu ses parents et s’attire surtout les soupirs de la petite communauté scolaire. Heureusement il y a quand même les copains : Christian Coudrier, Baptiste Lorrain, les frères Lespinasse et même son amoureuse Nathalie. Ils partagent la même cour d’école en semaine et le même terrain et recoins où fureter les week-ends. Mais cette année-là, le petit monde de Philippe tremble sur ses fondements : fin d’une amitié, révélation douloureuse, arrivée d’un nouvel instituteur et nouveau souffle pour le jeune garçon.Tiens d’ailleurs ce Charles Florimont, instituteur empreint de nouvelle pédagogie, il ne ferait pas un peu de l’œil à la Goubert ?

Cette année scolaire 1975-1976 va ouvrir quelques brèches dans les vies de cette petite communauté. A l’instar du monde qui change autour d’eux, certaines ambitions vont s’élargir, les envies de liberté jaillir et le rythme trop régulier de l’institution va s’en trouver quelque peu ébranlé.

La grande escapade, c’est le récit de toutes ces vies individuelles mais aussi celui d’une époque en pleine mutation où les rêves sont encore permis. Une jolie fresque sociale pleine d’humour et d’entrain et une galerie de personnages hauts en couleur révélant une vraie sensibilité sont les ingrédients de ce roman réjouissant qui se dévore d’une traite.

La grande escapade de JeanPhilippe Blondel. Éditions BuchetChastel/ août 2019.