Moro-sphinx – Julie Estève

esteve-morosphinx

Comment fait-on pour être seule à ce point ? Il n’y a plus d’amour, il n’y a que des souvenirs. Comment fait-on pour vivre comme ça ? On devient un animal errant, ou un taudis, une maison à l’abandon, vide et insalubre, squattée par des fantômes qui traversent les murs. C’est irrespirable d’habiter là-dedans. C’est pas humain. C’est pas humain d’avoir personne. Personne. Personne qu’un père ivrogne.

Quand Lola se balade, provocante en diable, elle attire tous les regards et le désir bestial des hommes. Et elle s’offre aux corps sales, aux mains râpeuses, disparaissant aussitôt l’acte conclu. Lola fuit toute forme d’attachement. Désirer froidement, choisir sa proie, baiser rapidement puis fuir surtout, tel est son credo, son mode opératoire. De chaque homme conquis, elle garde un souvenir : un morceau d’ongle. Des « souvenirs » mais pas d’émotions. De ce côté-là, Lola a déjà donné : le sentiment d’abandon après le décès de sa mère, l’alcoolisme de son père et un chagrin d’amour à 20 ans. Aujourd’hui, elle préfère fuir le bonheur, pour se protéger. Mais les sentiments ne se commandent pas toujours et lorsque le regard couleur d’ambre de son nouveau voisin la trouble, Lola sent pointer le danger…
Avec Moro-sphynx, Julie Estève signe un premier roman étonnant et cru au personnage froid dont on découvre les failles petit à petit. Lola recouvre les attributs clichés de la fille facile pour aller chasser, elle use et abuse de ses formes, agite ses jambes et son cul à damner un saint sous les yeux et les mains des hommes, parfois à la dérive, qu’elles croisent. On ne sait pas toujours ce que cherche Lola : à se perdre dans les plaisirs de la chair pour oublier les échos du cœur, à se sentir vivante malgré les murs de la prison qu’elle a érigés autour d’elle, à se prouver qu’elle existe, qu’elle peut tout contrôler ? Certainement un mélange de tout cela pour se protéger et ne pas sombrer totalement.
C’est un premier roman déroutant à l’écriture incisive, sans concession mais qui ne m’a pas touchée au cœur, même s’il titille ma curiosité envers Julie Estève… Un nom que je retiendrai donc pour aller découvrir ses prochains écrits.

 

68-logoUne lecture qui signe mon entrée dans l’aventure des 68 premières fois !
Merci à Charlotte, l’initiatrice de cette belle et folle aventure et à tous les doux dingues qui ont décidé de la suivre.

Moro-sphynx de Julie Estève. Editions Stock/ avril 2016.

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