Jolis jolis monstres – Julien Dufresne-Lamy

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Certains répètent inlassablement qu’on est des monstres. Des fous à électrocuter. Alors que d’autres pensent que l’on est les plus belles choses de ce monde.

Un des (nombreux) pouvoirs de la littérature – et pas des moindres – est de nous permettre d’arpenter des territoires que nous n’aurions certainement jamais explorés. Ainsi en est-il avec le dernier roman de Julien Dufresne-Lamy, Jolis jolis monstres qui m’a ouvert grand les portes de la culture drag.

On pénètre ainsi dans les salles de bain où les cils s’allongent, les bouches se fardent, les reines naissent. On pousse les portes de salles de bal où chacune et chacun défilent, huent, ruent dans les brancards, s’affrontent, se réinventent sans cesse. Où l’on danse aussi, le corps en revendication, on vogue pour crier qu’on existe, on s’envole vers des paradis artificiels pour oublier que dehors, il n’est pas si facile d’être multiple. Pas facile d’être noir, latino, homosexuel, masculin et féminin unis dans un même corps. Pas facile d’être au-delà des définitions.

Tu sais, ma belle, le bal, c’est notre survie dans l’Amérique blanche. Depuis quatre cents ans, on nous a tout pris, on nous a réduits en cendres, on a tenu bon. Alors on vient ici pour se dire qu’on est formidables.

Ce roman possède un incroyable souffle vital, peut-être parce que les personnages oscillent toujours entre plusieurs « vies » : « Tu es drag. Tu n’es plus homme, pas exactement femme. Tu es en dehors. ». Hybrides, capables de métamorphoses fabuleuses, merveilleux monstres de conte, ces êtres souvent blessés créent leur propre monde : des maisons dans lesquelles trouver des mères aimantes, des sœurs de cœur, des endroits où se requinquer quand la vie abîme, des écrins pour abriter ce qui brille tout au fond d’elles, d’eux. Et ce joyau c’est une humanité débordante, un désir d’exister incommensurable. Mais sous les paillettes et les fards, les larmes creusent aussi parfois leurs sillons, quand le SIDA déboule comme une bombe et balaie sur son passage l’amie, la sœur, la mère, quand la violence cherche à museler la différence. C’est près de 30 ans de cette histoire mêlée de rires et de larmes que dévoile James – ex drag-queen qui, en d’autres temps, a connu ses heures de gloire et d’excès sous les strass de Lady Prudence – au jeune Victor, le guidant peu à peu à la recherche de son propre « monstre ».

La différence, c’est notre corps. Ce qu’il te dit, tout au fond.

Roman d’une époque, roman d’une culture, roman d’apprentissage, Jolis jolis monstres est tout ça à la fois. Avec une profonde humanité, Julien Dufresne-Lamy y explore les questions de genre et d’identité en rendant un tendre hommage à Vénus, Angie, Bunny, Lypsinka, Marsha, RuPaul et tant d’autres belles de nuit parfois cueillies trop vite, certaines aujourd’hui un peu fanées. De jolis monstres qui gardent à jamais en eux ces folles années où tout semblait permis, ces nuits où ils régnaient sur l’underground new-yorkais aux bras de Madonna, Keith Haring, Basquiat ou Nan Golding. Des années gravées au fond des cœurs et des corps, car finalement, en chacun d’eux, sommeillera toujours une reine. Un roman percutant de cette rentrée littéraire et un auteur qu’il fait décidément bon suivre tant ses terrains de jeux sont variés.

– Mon truc à moi, c’est l’humour. Faire de la scène comme Sarah Bernhard ou Mel Brooks.

– Mais pourquoi en drag ? me demanda-t-il

– Parce que je crois que ça m’efface, ça me brutalise, ça me pousse hors de tout.

Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy. Editions Belfond, coll. Pointillés/ août 2019.

Merci à Julien Dufresne-Lamy et à son éditeur, Belfond, pour la découverte de ce livre.

 

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Sale gosse – Mathieu Palain

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Wilfried a 15 ans, il est féru de football et a intégré un centre de formation qui lui permet d’approcher son rêve. Mais en un geste, il vient de ruiner ses chances d’être de passer un jour pro. Un coup sur un autre joueur et le voilà exclu, définitivement. Retour à la case cité, à la scolarité ordinaire. D’où venait cette rage soudain que Wilfried n’a pas su retenir ? Peut-être qu’elle couvait depuis longtemps au fond du cœur de ce garçon grandi en famille d’accueil, de cet enfant qui a vu sa mère s’éloigner et disparaître. Pris en charge par la Protection Judiciaire de la Jeunesse, Wilfried noue une relation particulière avec Nina, son éducatrice, la seule qu’il laisse parfois franchir le mur qu’il a érigé autour de lui.

A travers l’histoire de Wilfried, de son placement par la PJJ, à sa (re)prise en charge par cette même institution quelques années plus tard, Mathieu Palain invite à côtoyer les hommes et les femmes qui composent cette institution, ceux qui se battent, échouent parfois, tentent souvent encore et encore à sauver, épauler, aider à grandir enfants et adolescents abîmés par la vie. Un premier roman hyper-réaliste et empreint d’une belle humanité.

Sale gosse de Mathieu Palain. Editions L’Iconoclaste/ août 2019

 

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A la demande d’un tiers – Mathilde Forget

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Cela commence comme un jeu d’enfants, la chorégraphie de deux sœurs soudées. Mais la ronde est interrompue et Suzanne emmenée, internée à la demande d’un tiers : sa sœur, narratrice de cet étonnant premier roman.

Décidément rien ne va plus : la narratrice vient d’être quittée par « la fille avec qui elle veut vieillir », peut-être parce qu’elle ne sait pas pleurer, peut-être à cause de son obsession pour Bambi ou les requins. Peut-être un peu à cause de tout ça. Le cœur brisé et amputée de sa sœur, la narratrice décide de remonter le fil de leur histoire commune : celle de leur mère qui s’est un jour jetée de la tour d’un château très touristique. La narratrice cherche, fouille, explore les replis de cette histoire qu’on semble vouloir lui cacher. Cherche-t-elle à comprendre la folie de sa sœur ou sa propre difficulté à être au monde ?

C’est dans ces méandres, au plus proche de son personnage, que nous entraîne avec talent Mathilde Forget avec ce roman décalé et audacieux. Une jolie surprise de la rentrée littéraire !

A la demande d’un tiers de Mathilde Forget. Editions Grasset/ août 2019

 

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La chaleur – Victor Jestin

RL2019_jestin_lachaleurLa chaleur, premier roman du jeune Victor Jestin, plonge le lecteur dans la peau de Léonard, ado mal à l’aise dans ses tongs, toujours à court de réparties qui subit tant bien que mal l’été, la famille, les vacances et les autres. Ennui le jour, insomnie la nuit. C’est la dernière soirée et encore une fois, Léonard réussit à s’échapper discrètement de cette énième fête sur la plage et assiste, en rentrant, à un étrange spectacle : Oscar, ce mec qui semble toujours si sûr de lui, le cou pris dans les cordes d’une balançoire, est en train de s’étrangler. Oscar suffoque mais Léonard ne bouge pas. Le corps d’Oscar chute et soudain tout s’accélère. Une dernière nuit et une dernière journée comme en apesanteur pour Léonard, pris entre culpabilité et urgence de vivre enfin.

Court roman au rythme haletant, La chaleur progresse au fil des interrogations, des affres et du désir de son jeune héros Léonard, écrasé par la chaleur de cette fin d’été. Ennui des journées interminables imposées, chaleur qui appesantit chaque geste, désir maladroit, atermoiements de l’adolescence, culpabilité dévorante composent ce récit au temps resserré qui n’aura pas vraiment su me séduire tant je suis restée à distance de chacun des personnages qui le composent. Un premier roman dont on parlera très certainement dans cette rentrée littéraire, pour son introspection dans l’adolescence, pour son rythme particulier qui épouse l’urgence de ces dernières heures au camping mais qui n’est pas vraiment pour moi.

La chaleur de Victor Jestin. Editions Flammarion/ août 2019

 

logo_babelioMerci à Babelio & aux éditions Flammarion pour la proposition de découverte du roman.

77 – Marin Fouqué

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A l’abribus, ce matin, ils sont plusieurs. Il y a notamment la fille Novembre, Enzo le Traître, le grand Kévin. Le bus arrive mais lui, il ne monte pas, tout comme ces dernières semaines. Sa journée, il la passera là, dans l’ennui et la fumée des joints de shit qu’il enchaine, sous l’abribus de béton quelque part dans le 77, là où c’est encore un peu la campagne, rustre et grise. Non, il ne montera plus. Fini d’être la risée, fini les coups, les crachats, fini d’en prendre plein la gueule tout le temps parce qu’il a « un corps de lâche, une gueule fine et de longs cils ». Une journée sous la capuche, sur le banc de béton froid, le narrateur, jeune garçon grandi entre la violence et la crasse se remémore ces dernières années : le trio protecteur qu’il formait avec la fille Novembre et Enzo, les humiliations répétées, les moments de répit, les rires partagés, les trahisons, la rage, les larmes qu’on retient. Une journée pour éprouver sa solitude à présent que chacun a trouvé son rôle à jouer.

Marin Fouqué sera sans aucun doute une des voix singulières de cette rentrée littéraire (euh bon, je peux me tromper mais il l’est pour moi parmi les quelques premiers romans lus parmi les parutions de cette rentrée littéraire d’automne). Son style incisif aux phrases brèves donne une vraie force à ce monologue dur et violent qui dit sans concession le désœuvrement, les poings quand la parole manque, le monde sans tendresse. Ça commence en ronronnant comme l’ennui – celui de ces heures d’attente vaine sous l’abribus, ça tangue, s’illumine parfois, jamais longtemps, ça cogne et ça fait mal souvent. Un roman coup de poing.

77 de Marin Fouqué. Editions Actes Sud/ août 2019.

 

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Là où les chiens aboient par la queue – Estelle-Sarah Bulle

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Quel plaisir de lecture que ce premier roman qui nous emmène sous le soleil de la Guadeloupe ! C’est cette île qui coule dans les veines de la narratrice, Antillaise de deuxième génération (comme l’autrice Estelle-Sarah Bulle), née en banlieue parisienne et qui tente de reconstituer l’histoire familiale en interrogeant son père et ses tantes. Et cette île qu’elle ne connaît que comme paysage de vacances en famille, la jeune femme va la faire renaître grâce au récit notamment d’Antoine, sa flamboyante tante. De l’enfance pauvre à Morne-Galant, coin perdu de l’île, à la conquête de la capitale Pointe-à-Pitre puis à l’arrivée à Paris, à travers l’histoire de la famille Ezechiel, c’est aussi l’histoire de toute une génération d’Antillais que relate Là où les chiens aboient par la queue.

On y rencontre l’incroyable Antoine, grande et belle femme qui n’acceptera jamais de concessions et n’aura de cesse, sa vie durant, de revendiquer sa liberté. Rebelle et indépendante, Antoine ne rencontrera pas toujours l’assentiment de ses frère et sœur : Petit Frère – père de la narratrice -, homme pondéré qui a « la Guadeloupe en colère » et Lucinde qui a toujours aspiré à une vie tranquille, sans vague. Dans les années 60, à l’instar de nombreux Antillais, les enfants Ezechiel s’envolent pour la métropole, dans l’espoir d’un avenir meilleur. C’est loin de leur île natale qu’ils travailleront, fonderont des familles, économisant chaque mois pour pouvoir de temps en temps rentrer serrer dans leurs bras leurs parents vieillissants.

Ecrire l’histoire de sa famille, c’est aussi pour la narratrice, enfant métis, de tenter de « comprendre le tour de (sa) propre existence », de cultiver son « jardin créole », d’approcher cette mémoire multiple et colorée dont elle a hérité, d’être à présent au monde de manière plus complète, plus entière. Plus qu’une simple histoire familiale, Là où les chiens aboient par la queue est une plongée dans l’histoire d’une île, de ses changements profonds à l’heure où le progrès gagne du terrain sur les traditions. L’histoire de la Guadeloupe mais aussi, en écho, celles des autres îles d’outre-mer alors forcément la langue mâtinée de créole d’Estelle-Sarah Bulle a résonné dans mon cœur de Réunionnaise avec cette impression diffuse de partager avec elle un peu de cette âme créole. Un vrai coup de cœur que ce talentueux premier roman qui depuis que je l’ai refermé, passe de main en main autour de moi, pour le plus grand bonheur de chaque nouveau lecteur.

« Mais toi, tu sais exactement ce que c’est un jardin créole ?

[…]

« C’est un endroit minuscule où se mêlent des plantes médicaments, des plantes nourricières et des fleurs dont la beauté nourrit les yeux. On fait exprès de mélanger les espèces, ça les protège des maladies. »

Antoine a souri à ma description.

« C’est ça. A la fois la pharmacie et le garde-manger des habitants des îles. Mais ce n’est pas que ça. Pourquoi tu crois que les hommes et les femmes se dépêchent d’aller dans leur jardin ? Même ceux qui habitent l’en-ville, dès qu’ils peuvent se réserver un petit bout de terre hors des murs. Parce que dans le sol où tout pousse si facilement, on enterre nos soucis. Tous les tracas du jour. Et puis on dialogue avec les ancêtres, qui bêchaient la même terre avant nous. Ce serait bien que tu aies ton jardin créole, toi aussi.

– Je ne vois pas où je pourrais avoir ça, Antoine. On est trop loin de Morne-Galant.

– Où tu pourras. »

[…]

« Ecoute, j’ai dit, tu as raison. Je pourrais bien déjà l’avoir autour de moi. Là où j’habite, c’est un endroit précieux. Plein de gens mélangés qui ne se ressemblent pas. Des riches, des pauvres, des jeunes, des vieux. C’est ça que tu aimais près du Sacré-Coeur, pas vrai ? Ce n’est plus tellement ainsi vers la basilique, mais ça revient ailleurs. Mon quartier est toujours en chorale comme ça, plein de vigueur. Je ne pourrais pas vivre autre part que dans un jardin créole. Je tiens ça de toi. On est plus libres quand on est au beau milieu du spectacle du monde. »

Là où les chiens aboient par la queue d’Estelle-Sarah Bulle. Editions Liana Levi/ août 2018.

La grande escapade – Jean-Philippe Blondel

Professeur d’anglais, Jean-Philippe Blondel connaît bien les adolescents et l’a prouvé plus d’une fois, notamment dans ses romans publiés chez Actes Sud Junior. Il s’aventure cette fois sur le territoire de l’enfance en choisissant pour décor de son dernier roman un groupe scolaire (écoles maternelle et primaire) de province. Il y a les écoles, ses élèves, ses instituteurs et directeurs mais aussi ses logements de fonction qui abritent les vies privées une fois les classes refermées. Mais la notion de vie privée est toujours relative dans ce genre d’habitat où vos voisins sont vos collègues, où les rumeurs vont bon train à la faveur de commérages bien entretenus. Et au groupe scolaire Denis-Diderot, la voisine voyeuse amatrice de ragots, c’est Geneviève Coudrier. Quand elle n’enseigne pas à ses chères têtes blondes, elle scrute ses voisins et consigne par le menu leurs faits et gestes. Ceux de Michèle Goubert par exemple, la belle directrice de l’école maternelle, qui sait subtilement user de sa séduction, les cris d’André le mari pas commode, et puis la pauvre, son fils Philippe est « un peu spécial » tout de même.

Gaucher mais surtout gauche, Philippe désespère un peu ses parents et s’attire surtout les soupirs de la petite communauté scolaire. Heureusement il y a quand même les copains : Christian Coudrier, Baptiste Lorrain, les frères Lespinasse et même son amoureuse Nathalie. Ils partagent la même cour d’école en semaine et le même terrain et recoins où fureter les week-ends. Mais cette année-là, le petit monde de Philippe tremble sur ses fondements : fin d’une amitié, révélation douloureuse, arrivée d’un nouvel instituteur et nouveau souffle pour le jeune garçon.Tiens d’ailleurs ce Charles Florimont, instituteur empreint de nouvelle pédagogie, il ne ferait pas un peu de l’œil à la Goubert ?

Cette année scolaire 1975-1976 va ouvrir quelques brèches dans les vies de cette petite communauté. A l’instar du monde qui change autour d’eux, certaines ambitions vont s’élargir, les envies de liberté jaillir et le rythme trop régulier de l’institution va s’en trouver quelque peu ébranlé.

La grande escapade, c’est le récit de toutes ces vies individuelles mais aussi celui d’une époque en pleine mutation où les rêves sont encore permis. Une jolie fresque sociale pleine d’humour et d’entrain et une galerie de personnages hauts en couleur révélant une vraie sensibilité sont les ingrédients de ce roman réjouissant qui se dévore d’une traite.

La grande escapade de JeanPhilippe Blondel. Éditions BuchetChastel/ août 2019.

Chaque fidélité – Carlo Missiroli

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Avec lui, elle avait senti que l’infidélité pouvait signifier fidélité vis-à-vis de soi-même.

Avec Chaque fidélité, Marco Missiroli interroge le couple, sonde ses recoins secrets, dévoile ses questionnements. Qu’est-ce la fidélité ? Comment accepter le débordement pour mieux se réinventer ? L’infidélité est-elle la fin de l’amour ? Autant de questions que se posent Margherita et son mari Carlo quand surgit chez ce dernier l’ombre de l’infidélité. L’envie d’une autre – une de ses jeunes étudiantes – va faire vaciller toutes les certitudes de ce couple apparemment heureux. Il lutte, elle doute et comme pour conjurer le sort, Margherita, agent immobilier, a l’idée d’acheter avec son époux un bel appartement bien au-delà de leurs moyens. Une idée folle qui soudain les tient côte à côte pour affronter le danger, un endroit pour peut-être se réinventer. Ainsi démarre l’histoire de cette femme et de cet homme, troublés et vacillants mais qui savent encore s’émouvoir l’un de l’autre. Neuf ans plus tard, ils se tiennent toujours la main mais ne cessent d’interroger la notion de fidélité et d’infidélité.

Maintenant, il sentait qu’il avait dépassé le cliché de la trahison, la nécessité physiologique de la trahison, l’évasion de la trahison, la curiosité de la trahison, la réponse à une insatisfaction que révélait la trahison. Et si trahir, pour lui, avait été le moyen de recommencer à être fidèle à Margherita ?

Donnant à entendre la voix intérieure de chacun des personnages, comme autant de jardins secrets dévoilés, Chaque fidélité se révèle également intéressant par son écriture tant Carlo Missiroli réussit avec une grande habileté à passer d’un personnage à l’autre, livrant ici un détail, un changement de pronom, de lieu sans jamais perdre son lecteur. Le procédé est très talentueusement utilisé sans jamais devenir lassant. Un roman au rythme lent qui mêle subtilement fond et forme pour proposer une plongée au cœur de l’intime.

Chaque fidélité de Marco Missiroli (traduit de l’italien par Nathalie Castagné). Editions Calmann-Lévy/ août 2019

 

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L’absence de ciel – Adrien Blouët

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Voilà un étrange roman bien difficile à situer…

Au menu : un début très réaliste (un jeune homme fraîchement sorti des études se lance comme documentariste free-lance), un événement à l’ambiance étrange (un ancien auteur à succès lui commande un film dont on comprend peu la finalité), une plongée contemplative dans une ambiance où l’on s’attend à surgir un brin d’irréel (une coupure progressive du monde comme si quelque chose d’inexplicable influait sur le jeune homme) et puis une chute inattendue où tout se précipite, très, trop rapidement. Et qui, si elle livre quelques suggestions quant aux motivations du commanditaire, ne donne aucune raison à l’attitude de ce jeune garçon qui s’est soudain retiré du monde.

Contemplatif mais pas introspectif, frisant croit-on avec l’étrange sans jamais y verser, L’absence de ciel tient son lecteur toujours (un peu trop) à bonne distance à force de sembler rester toujours en surface. On ressort de cette lecture dubitatif, sans vraiment comprendre où a voulu nous mener l’auteur.

L’absence de ciel d’Adrien Blouët. Editions Notabilia/ août 2019

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Ebats de juillet

Des balades matinales entre les chênes et les murets de pierre du Lot, des siestes sous le noisetier, avoir trop chaud, des bains de mer réjouissants dans l’Aude et un trou d’eau qui se transforme en piscine géante personnelle, quelques kilomètres de brasse, une escapade dans la verdoyante Ariège, des sardines grillées (indispensables à l’été !), « Singing in the rain » en plein air et puis des mots des mots des mots :

Continuer à découvrir la rentrée littéraire qui approche à grands pas

 

Rattraper son « retard » côté litté 😉

Un roman en auto-édition (c’est une première alors…)

machelon_troispetitstours

Buller :

 Un tour au théâtre :

pommerat_cendrillon

Côté album :

saimer-couv72A

Quelques nouvelles :

hors-serie-nouvelles